On évoque souvent la notion de « terroirs ». En Champagne, l’altitude y contribue discrètement mais sûrement, notamment dans deux grandes zones : la Montagne de Reims et la Côte des Blancs.
La Montagne de Reims : la ligne de crête du pinot noir
Entre Reims et Épernay, la Montagne de Reims est un plateau boisé, dont les vignes escaladent les pentes sud et sud-est. Les villages perchés comme Verzy ou Verzenay tutoient les 250 mètres. C’est le royaume du pinot noir, cépage souvent exigeant en chaleur. Sur ces hauteurs, la maturation du raisin est plus lente : la pulpe reste croquante, la peau plus épaisse, l’acidité bien dessinée. Cette coupe tranchante, que l’on retrouve dans les champagnes de Verzenay par exemple, doit beaucoup à l’effet altitude/vent/exposition.
À l’inverse, Ambonnay, malgré ses 220 mètres d’altitude, profite d’une exposition sud-sud-est et d’un microclimat plus doux grâce à l’abri du massif forestier. Résultat : des raisins plus precoces, une puissance fruitée, moins d’agrumes, plus de cerise longue et soyeuse.
La Côte des Blancs : la verticalité du chardonnay
Sur la Côte des Blancs, l'altitude joue aussi son rôle pour le chardonnay. Les parcelles les plus élevées autour de Cramant, Avize ou le Mesnil-sur-Oger plafonnent à environ 240-250 mètres. Ici, il n’est pas rare qu’une même maison récolte sur trois altitudes différentes à quelques centaines de mètres de distance, dictant à la fois le calendrier et le style. Plus haut, les jus sont droits, cristallins, avec une acidité vibrante, de la minéralité et une réserve d'arômes qui explose à l’évolution.
À l’échelle d’une parcelle, 15 à 30 mètres d’écart suffisent à générer des lots séparés, prisés ensuite pour les assemblages ou les cuvées parcellaires : on parle alors de « climats », à la bourguignonne. (source : Comité Champagne)